Friday, May 15, 2020




About the Song - Note sur la chanson


In March, 2020, as Paris went into lockdown and it became clear that things weren’t going to go back to normal any time soon, my musician friends began looking for ways to continue collaborating without leaving their apartments and houses. Pianist Pascal Simoni, drummer Amaury Blanchard, bassist Bernard Viguié and others – people whose professional and artistic lives essentially depend on lugging heavy equipment back and forth to clubs and concert halls, parking their cars in tow-away zones, unloading their heavy synths and bulky traps in the dead of night, all so they can briefly be in the same place at the same time and make music together – now began firing up their LogicPro’s (or other software and recording paraphernalia) and sending tracks back and forth by email to assemble songs, original and covers, parodies and jams. Nothing you couldn’t do in 1995, by the way, but now it seemed somehow wonderful that you could do it.
It occurred to me that they must not be the only ones. Perhaps a boatload of new music was being composed and recorded by solitary artists in lockdown, entirely alone physically, but connected musically – and psychically – through headsets. Rank amateurs and big stars alike, they would be adjusting the levels on their own, setting up their own microphones, doing their own editing and computer transfers, some learning how to use the programs for the first time, without the help of engineers and production assistants, or even the computer geek cousin of the guy across the hall.

Perhaps they all listened back and wondered, “Does it sound right? Are we really together?”

I wanted to participate. I went rummaging around in my (virtual) drawer and found an old scratch recording I had made by myself a few years back, of a song called All Over The World. It was a Lennon-inspired song about discovering something important and sublime in a most unlikely place. It was about feeling connected, through that discovery, to human beings everywhere. Each of us isolated and somehow united, experiencing the same sense of desperation and dread, fellowship and solidarity, together in our loneliness, divorced from the usual considerations of commercial viability, breaking old molds and imagining new ones, working away as individuals who share an imaginary space, to find and nurture something beautiful.

It felt to me like that song had found its moment.

I contributed it to my friends’ exchange and, over the next couple of weeks, the four of us, along with another friend, the bassist Christophe Garreau, re-recorded the song, taking it apart and putting it back together. We each, separately, arrived at the same conclusion – the song would suffer no excess or artifice. Each of us would have to reign it in, pare it down, make it simpler.

I knew it needed good back-up vocals, so I called Lexie Kendrick, a supremely talented singer, performer and actress, with whom I have worked many times in dubbing French movies. I knew Lexie’s musical work mostly as a singer of jazz standards. But she was born in Alabama and I had a hunch she would know how to find just the right dose of country for me. I wasn’t wrong. The harmonies she came up with are what takes this recording to another level.

The final result is not without its imperfections, but I think it lives up to the subject matter. My musician friends and I found something unusual poking through the trash, something new to do, something downright honest.


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En mars 2020, quand Paris s’est confiné et qu’il est devenu clair que le retour à la normale n’était pas pour bientôt, mes amis musiciens ont cherché des solutions pour continuer à collaborer sans quitter leurs appartements et leurs maisons. Le pianiste Pascal Simoni, le batteur Amaury Blanchard, le bassiste Bernard Viguié et d’autres – des gens qui passent le plus clair de leur vie professionnelle et artistique à trimbaler leur matériel entre chez eux et les clubs et les salles de concert où ils jouent, à se garer là où guette la fourrière, à décharger leurs lourds claviers et leurs encombrantes batteries au milieu de la nuit, tout ça pour se retrouver brièvement et simultanément réunis dans un même lieu et faire de la musique ensemble – se sont tournés vers leur LogicPro’s (ou autres logiciels et gadgets d’enregistrement) et ont entrepris de s’échanger des pistes par mail dans le but d’assembler des chansons, créations et reprises, parodies et bœufs. Tout ça, soit dit en passant, on pouvait déjà le faire en 1995, mais à présent ça semblait merveilleux.

Je me suis dit qu’ils n’étaient sans doute pas les seuls. Des brassées de nouveautés étaient peut-être en train d’être composées et enregistrées par des artistes confinés chacun dans son coin, totalement isolés physiquement mais connectés musicalement – et spirituellement – par des casques. Les amateurs de base comme les grandes stars, chacun ajustant ses réglages, installant son micro, réalisant son montage et téléchargeant ses fichiers, certains apprenant à utiliser ces programmes pour la première fois, sans l’aide d’aucun ingé son ni assistant de prod – pas même un coup de main du cousin geek du voisin d’en face.
Et tous, peut-être, tenaillés par les mêmes questions : « Est-ce que ça fonctionne ? Est-ce qu’on est vraiment ensemble ? »
J’ai eu envie d’apporter ma pierre à l’édifice. J’ai fouillé dans mon tiroir (virtuel) et j’y ai retrouvé une vieille chanson, « All Over The World », une maquette enregistrée par moi il y a quelques années, histoire de pas oublier. Inspirée de Lennon, la chanson parle de découvrir quelque chose d’important et de sublime dans un endroit très inattendu. Elle parle du sentiment d’être connecté, à travers cette découverte, aux humains du monde entier. Ces humains qui, isolés et en même temps unis, éprouvant la même sensation de désespoir et de terreur, de camaraderie et de solidarité, ensemble dans leur solitude, divorcés des considérations habituelles de viabilité commerciale, brisent les anciens moules et en imaginent de nouveaux, et s’efforcent, en tant qu’individus partageant un espace imaginaire commun, de trouver et de nourrir un objet de beauté.
Il me semblait que cette chanson avait trouvé son moment.
Je l’ai proposée à mes amis et, durant la quinzaine de jours qui a suivi, tous les quatre, avec un autre ami, le bassiste Christophe Garreau, nous l’avons réenregistrée en la désossant pour la réassembler. Chacun de son côté, nous sommes tous arrivés à la même conclusion : cette chanson ne pouvait supporter ni excès ni artifice. Pour nous tous, la même mission : resserrer, réduire, simplifier.
J’avais besoin de bonnes voix féminines, je le savais, c’est pourquoi j’ai appelé Lexie Kendrick, une chanteuse et comédienne suprêmement talentueuse avec qui j’ai souvent travaillé sur des doublages de films français. Musicalement, je la connaissais surtout comme interprète de standards de jazz, mais elle est née en Alabama et quelque chose me disait qu’elle saurait apporter la touche de country qu’il me fallait. Je ne me trompais pas. Les harmonies qu’elle a trouvées sont ce qui a permis à cet enregistrement d’accéder à un niveau supérieur.
Le résultat n’est pas sans imperfections, mais il est resté, je crois, fidèle à l’idée de la chanson. Mes amis musiciens et moi avons trouvé quelque chose d’inhabituel qui dépassait d’un tas d’ordures, quelque chose de nouveau à faire, quelque chose de profondément sincère.






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